Guerre civile yéménite

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Ne doit pas être confondu avec guerre civile yéménite de 1994.
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Article général Pour un article plus général, voir Insurrection houthiste au Yémen.
Guerre civile yéménite
Description de cette image, également commentée ci-après
Situation au Yémen en juillet 2018
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Informations générales
Date Depuis le
(4 ans, 3 mois et 1 jour)
Lieu Yémen
Frontière yéméno-saoudienne (conflit de Jazan, Najran et Assir)
Casus belli Prise de la 310e brigade blindée par les Houthis. Guerre du Saada. Projet de constitution prévoyant une fédéralisation, contesté par les Houthis et les séparatistes du sud.
Issue

En cours :

Belligérants
Drapeau du Yémen République du Yémen

Logo of the Yemeni Congregation for Reform (al-Islah).svg Milices Al-Islah (2014-2015)1,2
Drapeau du Yémen Bloc du salut national

Flag of the Hadhramout Tribes Confederacy.svg Confédération des tribus du Hadramaout


Opération Tempête décisive puis opération Restaurer l'espoir


Renseignements :
Drapeau des États-Unis États-Unis

Soutiens :
Drapeau de la Turquie Turquie
Drapeau du Sénégal Sénégal
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
Drapeau de la Somalie Somalie
Drapeau de Djibouti Djibouti


Flag of South Yemen.svg Conseil de transition du Sud (depuis 2017)

Drapeau du Yémen Brigade des géants
Flag of the Tihamah Resistance.svg Résistance de Tihama
Drapeau du Yémen Résistance nationale

Soutien :
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis


Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la France France
Comité révolutionnaire-Conseil politique suprême (depuis 2015-2016)

InfoboxHez.PNG Hezbollah
(selon le gouvernement yéménite)3

Soutien :
Drapeau de l'Iran Iran
(selon l'ONU, soutien diplomatique et armement)
ShababFlag.svg Al-Qaïda dans la péninsule arabique
Drapeau de l'État islamique État islamique (branche yéménite)
Commandants
Drapeau du Yémen Abdrabbo Mansour Hadi
Drapeau du Yémen Ali Mohsen al-Ahmar
Drapeau du Yémen Ahmed ben Dagher
Drapeau du Yémen Khaled Bahah
Drapeau du Yémen Mohamed Basindawa White flag icon.svg
Drapeau du Yémen Mohammed Ali al-Makdachi
Drapeau du Yémen Mahmoud al-Soubeihi (POW)
Drapeau du Yémen Fayçal Rajab (POW)
Drapeau du Yémen Nasr Hadi (POW)4
Drapeau du Yémen Hussein Arab
Drapeau du Yémen Abd Mohammed Hussein al-Houdheifi
Drapeau du Yémen Abdel Aziz ben Habtour White flag icon.svg
Drapeau du Yémen Nayef al-Bakri
Drapeau du Yémen Mouthanna Jawas5
Drapeau du Yémen Saïf al-Bakri6
Drapeau du Yémen Saïd al-Houri †
Drapeau du Yémen Jaafar Mohammed Saad
Drapeau du Yémen Aïdarous al-Zoubaïdi (2015-2017)
Drapeau du Yémen Abdel Aziz al-Meflehi
Drapeau du Yémen Ali al-Maamari (en exil)
Drapeau du Yémen Ali Nasser Hadi †
Drapeau du Yémen Adnan al-Hammadi
Drapeau du Yémen Jarallah Salhi †7
Drapeau du Yémen Ahmed Seïf al-Yafie8
Drapeau du Yémen Hamoud al-Mekhlafi9
Drapeau du Yémen Jalal al-Aoubali †
Drapeau du Yémen Ahmed al-Idrissi †10
Drapeau de l'Arabie saoudite Abdallah al-Sahian †11
Drapeau des Émirats arabes unis Soltane al-Ketbi †11
Flag of South Yemen.svg Aïdarous al-Zoubaïdi (depuis 2017)
Flag of South Yemen.svg Hani ben Brik (depuis 2017)
Flag of South Yemen.svg Ali Salem al-Beidh (en exil)
Flag of South Yemen.svg Salah al-Chanfara
Drapeau du Yémen Tarek Saleh (depuis 2018)
Houthis Logo.png Abdul-Malik al-Houthi

Houthis Logo.png Saleh Ali al-Sammad
Houthis Logo.png Mehdi Hussein al-Machat
Drapeau du Yémen Kassem Labozah
Drapeau du Yémen Abdel Aziz ben Habtour (depuis 2016)
Houthis Logo.png Mohammed Ali al-Houthi (WIA)
Houthis Logo.png Naef Ahmed al-Qanis
Houthis Logo.png Fares Manaa
Drapeau du Yémen Talal Aklan
Houthis Logo.png Mohammad Abd al-Salam
Houthis Logo.png Mahmoud al-Jouneïd12
Houthis Logo.png Abdallah Yahya al-Hakim
Houthis Logo.png Ibrahim Badr al-Houthi †13
Houthis Logo.png Abou Azzam †


Houthis Logo.png Saleh Ahmed Karkach †14
Houthis Logo.png Abdallah Ahmed al-Madani †14
Houthis Logo.png Hussain Abdullah Aidha †14
Houthis Logo.png Ali al-Chami15
Houthis Logo.png Hassan al-Malsi †
Drapeau de l'Iran Khouri Obaid Agha †14
Drapeau du Yémen Charaf Loqman16
Drapeau du Yémen Jalal al-Roweichan
Drapeau du Yémen Hussein Nagui Khairan
Drapeau du Yémen Abdel Hafedh al-Sakkaf
Drapeau du Yémen Abdallah Yahia al-Hakem17
Yemeni Republican Guard Flag.svg Ali Abdallah Saleh
Drapeau du Yémen Arif al-Zouka
Drapeau du Yémen Tarek Saleh (jusqu'en 2017)
ShababFlag.svg Nassir al-Wouhaychi †
ShababFlag.svg Jalal Balaïdi †
ShababFlag.svg Tawfik Balaïdi
ShababFlag.svg Abou Hamza al-Zinjibari18
Flag of the Islamic State of Iraq and the Levant2.svg Abou Bilal al-Harbi19
Flag of the Islamic State of Iraq and the Levant2.svg Saleh Nasser Fadhl al-Bakchi †
Forces en présence
Flag of the Yemeni Army.svg 25 000 soldats20
Logo of the Yemeni Congregation for Reform (al-Islah).svg 20 000 combattants tribaux21,22
Houthis Logo.png 150 000-200 000 Houthis
Yemeni Republican Guard Flag.svg 100 000–150 000 Gardes républicaines
Flag of the Yemeni Army.svg 100 000 paramilitaires dont 50 000 forces spéciales23
InfoboxHez.PNG 50 hommes24
ShababFlag.svg (AQPA)
4 000 hommes
25,26
Flag of the Islamic State of Iraq and the Levant2.svg (EI)
500 hommes27
Pertes
inconnuesinconnuesinconnues
Civils :
6 660 morts au moins
10 563 blessés au moins
(selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, de 2015 à septembre 2018)28
Total :
10 000 morts au moins, dont 3 799 civils
(selon l'ONU, de mars 2015 au 30 août 2016)29

8 500 morts au moins
49 000 blessés au moins
(selon l'OMS, de mars 2015 à septembre 2017)30

90 morts et 375 blessés31 (en Arabie saoudite)

Insurrection houthiste au Yémen

Batailles

Bataille d'Amran · 1re Bataille de Sanaa · Bataille de l'aéroport d'Aden · 1re Bataille d'Aden · Bataille de Taëz · 1re Bataille de Moukalla · 2e Bataille de Moukalla · 2e Bataille de Sanaa · 2e Bataille d'Aden · Bataille d'al-Hodeïda · Prise de Socotra

La guerre civile yéménite est un conflit qui oppose depuis 2014 principalement les rebelles chiites Houthis et, jusqu'en 2017, les forces fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh au gouvernement d'Abdrabbo Mansour Hadi32,33,34,35, élu en 2012 à la suite de la révolution yéménite et du départ du président Ali Abdallah Saleh. Le conflit s'est internationalisé en mars 2015 avec l'intervention de nombreux pays musulmans menés par l'Arabie saoudite36,37,38.

Il est une des conséquences de la guerre du Saada commencée au nord-ouest du pays en 2004 en raison du sentiment de marginalisation des tribus du nord qui se sentent délaissées par le pouvoir central, après l'unification du pays en 1990.

Il découle d'une série de mouvements de protestation houthistes contre la fin des subventions sur les produits pétroliers, la corruption, le meurtre de deux représentants houthis siégeant dans le conseil de transition, la lenteur d'application des mesures prévues par la conférence de dialogue nationale de 201239, ainsi que par la prise d'Amran. Ce conflit s’inscrit plus largement dans le contexte de l'insurrection houthiste au Yémen, active depuis 2004.

Débordé en septembre 2014 par le mouvement venu de l'extrême nord ouest du pays, et par certains éléments de l'armée, le président Abdrabbo Mansour Hadi, est contraint à la démission en janvier 2015, lorsque les houthistes s'emparent du palais présidentiel. Il se réfugie en février à Aden, port stratégique du sud du pays, puis en Arabie saoudite, après le début de l'intervention saoudienne en mars de la même année40.

En février 2016, le gouvernement revendique le contrôle d'entre 7041 et 85 % du territoire42.

En décembre 2017, Ali Abdallah Saleh est assassiné par ses anciens alliés Houthis, après avoir rompu avec eux pour rejoindre le camp loyaliste. Son neveu Tarek, ayant survécu aux combats, dirige désormais les pro-Saleh aux côtés de la coalition.

Contextemodifier | modifier le code

Articles détaillés : guerre du Saada et bataille d'Amran.

Cette confrontation est un développement de la guerre du Saada qui a débuté le lorsque des rebelles zaïdistes ont lancé une insurrection contre le gouvernement yéménite. Aussi appelés Houthistes, du nom du chef de leur clan Hussein Badreddine al-Houthi, ils se plaignent d’avoir été marginalisés par le gouvernement sur le plan politique, économique et religieux, et demandent plus de considérations43.

En juin 2014, des heurts éclatent entre les forces gouvernementales et des sympathisants de l'ancien président Ali Abdallah Saleh près de la mosquée al-Saleh44.

Selon l'Organisation des Nations unies et la coalition qui soutient le gouvernement yéménite, les Houthis sont soutenus par l'Iran3.

Chronologiemodifier | modifier le code

Avancée des Houthis au nord (2014-2015)modifier | modifier le code

Après des manifestations Houthis, contre la fin des subventions sur le pétrole45 et la prise d'Amran, l'insurrection houthiste se dirige vers Sanaa.

Entre le 16 et , au moins 200 personnes meurent à Sanaa dans le cadre du conflit46. Le 21 septembre, le gouvernement yéménite et les rebelles Houthis signent un accord visant à mettre fin à la crise politique alors que les rebelles avancent vers la capitale ; le Premier ministre Mohamed Basindawa démissionne, et conformément à l'accord, les rebelles nommeraient un nouveau Premier ministre dans les trois jours47. Les combats ont fait 123 morts48.

Le 22 septembre, au moins 340 personnes sont tuées dans des combats dans la capitale49.

Le 27 septembre, des sources sécuritaires annoncent que les rebelles Houthis attaquent la maison du chef des services de renseignement à Sanaa. Ceci prouve la fragilité de l'accord de partage du pouvoir, qui ne suffit pas à faire cesser les combats dans la capitale50.

Le , Ahmed Awad ben Moubarak est nommé Premier ministre51. Le 9 octobre, sous la pression des rebelles, il présente sa démission52.

Le , Khaled Bahah, ambassadeur du Yémen à l'ONU, est nommé Premier ministre53.

Le 18 octobre, des affrontements entre tribus sunnites et rebelles chiites près d'Ibb font de nombreuses victimes. Au moins quarante personnes sont tuées durant les deux jours de combats. Les combattants sunnites visent à empêcher les rebelles chiites d'acheminer des renforts à Ibb, ville majoritairement sunnite, dont ils prennent le contrôle54.

En octobre 2014, les Houthis prennent al-Baïda, Hodeïda, Ibb et Dhamar55.

Le , le Conseil de sécurité de l'ONU sanctionne l'ex-président Ali Abdallah Saleh ainsi que des chefs des Houthis56.

Les 19 et , les rebelles Houthis prennent le palais présidentiel57,58. Le lendemain, un accord est signé avec les Houthis sur l'amendement du projet de Constitution et sur la représentation des Houthis et des autres factions dans le gouvernement. Le conseiller du président, Ahmed Awad ben Moubarak, doit également être libéré59.

Le , Abdrabbo Mansour Hadi présente sa démission60 après que les Houthis eurent réclamé qu'un de leurs membres soit nommé comme vice-président61. La démission du président est rejetée par le Parlement62. En signe de protestation contre cette démission, le port et l'aéroport d'Aden, sont fermés63. Les Houthis proposent alors de mettre en place un Conseil présidentiel composé de l'armée, des forces de sécurité, des comités populaires et des « composantes révolutionnaires et politiques »64.

Les 23 et , les Houthis dispersent des milliers de manifestants65.

Le , les Houthis donnent un ultimatum de trois jours aux forces politiques pour trouver un accord, faute de quoi ils se chargeraient de la transition66. Le 4 février, l'ultimatum expire67,68.

Cependant, le , par une déclaration constitutionnelle, les Houthis, lors d'une réunion au cours de laquelle participent des personnalités comme les ministres de la Défense et de l'Intérieur du gouvernement démissionnaire, annoncent l'instauration de ce Conseil présidentiel, chargé de diriger la transition pour une durée de deux ans, contre un an comme initialement prévu69. Mohammed Ali al-Houthi, cousin de Abdul-Malik al-Houthi, prend le pouvoir en tant que président du Comité révolutionnaire. Aussi, les Houthis annoncent la dissolution de Chambre des députés et le remplacement par un Conseil national de 551 membres, chargé de nommer les membres du Conseil présidentiel, qui à son tour nomme un nouveau gouvernement70. Enfin, ils prévoient d'élargir le Conseil consultatif et de le rebaptiser Conseil populaire de transition71.

Le coup d'État est dénoncé par le Conseil de coopération du Golfe72 et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon demande le retour du président Hadi.

Le , de nombreux pays évacuent leurs ambassades à Sanaa73. De leur côté, les Houthis se disent « prêts » à rendre les véhicules appartenant aux Américains74.

Le , le Conseil de sécurité des Nations unies demande aux Houthis de quitter le pouvoir75, appel rejeté par les miliciens le lendemain 16 février76.

Le , la Résistance populaire prit le contrôle des sièges de la télévision et des renseignements aux Houthis77.

Le , un accord est trouvé pour conserver la Chambre des députés et de lui adjoindre une nouvelle chambre78. Les Houthis déclarent qu'il s'agit d'une « révolution »79.

Le , après la signature d'un accord aéronautique le 28 février80, un premier avion iranien atterrit à Sanaa, une première depuis 199081. Hadi déclare que l'accord est « illégal »82 et que les responsables vont « rendre des comptes »82. De son côté le président iranien, Hassan Rohani salue la prise de pouvoir des Houthis, en déclarant soutenir « la stabilité et la paix »83. De son côté, Ali Akbar Nategh-Nuri, ancien président du Parlement de l'Iran, déclare que le coup d'État serait « une suite de la révolution islamique »84. Une délégation Houthie doit également se rendre en Iran pour signer des accords économiques et politiques85.

Le , les Houthis prennent le siège du Dialogue national86.

Le , les Houthis dispersent une manifestation à Sanaa exigeant leur départ du pouvoir87.

Le , les partis politiques opposés aux Houthis forment le Bloc du salut national88.

Le , l'assignation à résidence du Premier ministre Khaled Bahah est levée par les Houthis89. Celui-ci refuse de revenir sur sa démission et part pour le Hadramaout89. Cette décision concerne tous les membres du gouvernement démissionnaires qui étaient encore détenus et Bahah parle d'« une initiative de bonne volonté »90.

Avancée des Houthis au sud et début de l'intervention de la coalition sunnite (mars-juillet 2015)modifier | modifier le code

Situation à Aden après l'offensive rebelle.
  •      Zone contrôlée par le gouvernement yéménite
  •      Zone contrôlée par les Houthis

Le , Hadi, dont la démission a été refusée par le Parlement et qui était en résidence surveillée à Sanaa, prend la fuite vers Aden, ville du sud du pays91 et devenue par la suite capitale de facto92. Le jour-même, il déclare, après avoir renoncé à démissionner, qu'il demeure le président en exercice, et que les actions des Houthis étaient « nulles et non avenues »93,94.

Le , dans une lettre adressée au Parlement, Hadi renonce officiellement à démissionner95. Le jour-même, il demande aux membres du gouvernement démissionnaire de le rejoindre à Aden95. En réaction, les Houthis le qualifient de « fugitif » et promettent de le juger96.

Le , l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït déplacent leurs ambassades à Aden97.

Le , Hadi limoge le chef des forces spéciales et en nomme un autre98. Hadi est également convié au sommet de la Ligue arabe qui se tiendra les 28 et 29 mars en Égypte, l'organisation lui exprime ainsi un soutien à sa légitimité98.

Le , la proclamation d'Aden comme capitale est confirmée par Hadi et annonce avoir fui Sanaa en passant par un tunnel situé dans sa résidence99. Abdel Hafedh al-Sakkaf, ancien commandant des Forces spéciales, rejette son limogeage99.

Le , le ministre de la Défense, Mahmoud al-Soubeihi, pourtant nommé président de la commission de sécurité par les Houthis100, fuit Sanaa et se dirige vers Aden101.

Le , lors de la bataille de l'aéroport d'Aden, l'aéroport d'Aden est fermé après des affrontements entre les unités du général al-Sakkaf et les comités de résistance populaire, loyaux au président Hadi102. Les forces spéciales du général al-Sakkaf tentent sans succès de prendre la ville et attaquent le palais présidentiel103.

Le , un double attentat suicide visant des mosquées chiites à Sanaa, en représailles à l'avancée des Houthis, fait 142 morts104

Le , lors d'une allocution télévisée, Hadi déclare que « le drapeau de la République du Yémen flottera sur les montagnes de Maran à Saada, et non pas le drapeau iranien » et que « L'école du [chiisme] duodécimain suivie en Iran ne sera pas acceptée par les Yéménites, qu'ils soient Zaïdites ou Chafiites »105. Il condamne également les attentats contre des mosquées chiites survenues la veille et revendiqués par l'État islamique106.

Le , les Houthis prennent le contrôle de l'aéroport de Taëz107. Le lendemain, ils entrent dans la ville108,109,110.

Le , l'aéroport d'Aden est conquis par la 39e brigade blindée, alliée aux rebelles Houthis. Le jour-même, après la prise du gouvernorat de Lahij par les rebelles, le ministre de la Défense loyaliste, Mahmoud al-Soubeihi est capturé par les Houthis qui, au même moment promettent 93 000 $ pour la capture du président Hadi111. Le lendemain au matin, après le déclenchement de l'intervention saoudienne, cette brigade quitte le site qui est de nouveau sous le contrôle des forces pro-Hadi112.

À partir du , la force aérienne royale saoudienne, avec l'appui de plusieurs pays sunnites dont l'Égypte, le Soudan, le Maroc et les membres du Conseil de coopération du Golfe excepté Oman, effectuent des frappes aériennes sur de nombreuses positions Houthis dans l'ouest du pays, dont l'aéroport international El Rahaba et le palais présidentiel de Sanaa113. L'ambassadeur saoudien à Washington précise que « l'opération vise à défendre le gouvernement légitime du Yémen et à empêcher le mouvement radical Houthi (soutenu par l'Iran) de prendre le contrôle du pays »114. Les États-Unis déclarent également fournir un soutien en logistique et en renseignement aux opérations115. Selon la chaîne de télévision Al Arabiya basée à Dubaï, le royaume saoudien engage dans cette opération une centaine d'avions de guerre et plusieurs dizaines de milliers de soldats113.

Le , Bahah est confirmé dans ses fonctions de Premier ministre tout en étant nommé vice-président116.

Le , la coalition arabe dirigée par Ryad annonce mardi la fin de l'opération Tempête décisive117, mais les frappes aériennes reprennent dès le lendemain dans le cadre de l'opération Restaurer l'espoir118.

Le 30 avril, les miliciens chiites et les loyalistes multiplient les tirs de mortier et de chars dans le quartier de Khor Maksar, proche de l'aéroport, tandis que les avions de la coalition pilonnent les positions des assaillants. Six rebelles Houthis et deux miliciens locaux ont trouvé la mort, selon des habitants119.

Le 3 mai, entre 40 et 50 soldats des Forces spéciales de la coalition internationale conduite par l’Arabie saoudite sont déployés à Aden dans le sud du pays120. Par ailleurs, l’organisation Human Rights Watch publie des photos de bombes à sous-munitions utilisées selon elle par l’Arabie saoudite et fournies par les États-Unis. Ces engins sont interdits par un traité international depuis 2008, approuvé par 116 pays, mais dont Riyad et Washington ne sont pas signataires120.

Le 5 mai, des rebelles Houthis pénètrent pour la première fois en territoire saoudien et attaquent la ville de Najran121. Au moins deux civils sont tués et cinq soldats saoudiens sont faits prisonniers121.

Le , un cessez-le-feu humanitaire est décrété122. Il dure jusqu'au 17 mai malgré de nombreuses violations123,124.

Le 27 juin, les rebelles Houthis bombardent à l'aide d'artillerie le port d'Aden afin de repousser un navire humanitaire qatari, contraint de faire demi-tour125.

Avancée loyaliste au sud (juillet-août 2015)modifier | modifier le code

Situation au Yémen en août 2015.
Situation à Aden après l'offensive loyaliste.
  •      Zone contrôlée par le gouvernement yéménite
  •      Zone contrôlée par les Houthis

Le , Aden et son gouvernorat sont repris par les loyalistes126, à la faveur d'un accroissement de l'aide saoudienne et de ses alliés dans le grand port du Sud127.

Le 2 août, le chef du gouvernement en exil Khaled Bahah effectue une visite de quelques heures à Aden avant de quitter le pays128.

En août 2015, les loyalistes reprennent les gouvernorats d'Aden, Dhale, Abyan et Lahij129. Le , les loyalistes reprennent la province de Chabwa130.

Avancée loyaliste au nord (2015-2016)modifier | modifier le code

En août 2015, commence l'offensive loyaliste dans le gouvernorat de Ma'rib131.

Le , soixante soldats de la coalition, dont quarante-cinq soldats des Émirats arabes unis, sont tués dans l'attaque au missile balistique d'une base militaire dans la province de Marib, à l'est de Sanaa132. En représailles, les avions émiratis et saoudiens intensifient dans les jours qui suivent leurs raids contre les positions des rebelles Houthis et de leurs alliés, des unités de l’armée restées fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh132.

Le , Hadi retourne à Aden133.

Le un hôpital de Médecins sans frontières est détruit dans le district de Haydan par la coalition134.

En novembre 2015, il est rapporté que des mercenaires colombiens combattraient aux côtés des loyalistes135. Le même mois, les rebelles Houthis prennent le contrôle de Damt, dans le gouvernorat de Dhale, ainsi que de la base de Dhoubab, de Taëz et de Madaribah, à Lahij136. Ils se rapprochèrent ainsi de la base aérienne Al-Anad, dans le gouvernorat de Lahij136.

Le , dans le contexte de début de négociations à Genève, un cessez-le-feu de sept jours renouvelable est annoncé pour le 15 décembre par le camp loyaliste137. Pour leur part, les Houthis annoncent le début du cessez-le-feu pour le 14 décembre138.

Le , l'île de Grande-Hanich est conquise par les forces loyalistes139.

Le , le cessez-le-feu entre en vigueur, et au même moment trois délégations, celle du gouvernement, celle des Houthis et du Congrès général du peuple, composées de dix-huit membres chacune, arrivent à Genève, en Suisse140. Le même jour, des violations du cessez-le-feu sont signalées par les deux belligérants141,142.

Le lendemain, les deux camps échangent des prisonniers143. Cependant, les deux belligérants n'ont pu se mettre d'accord sur la libération des commandants respectifs144.

Le , les loyalistes reprennent les villes d'Al Hazm, d'Harad145,146,147,148,149 et de Djebel al-Salb, située à Nihm, dans le gouvernorat de Sanaa, à quarante kilomètres de la capitale Sanaa alors que le cessez-le-feu est encore en vigueur150.

Le , le cessez-le-feu est prolongé d'une semaine alors que de nouvelles négociations sont prévues le 151. Les deux belligérants acceptent de mettre en place un organisme de surveillance du cessez-le-feu152. Cependant, des combats sont signalés de nouveau le 153.

Le , le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à un cessez-le-feu durable154. Les Houthis empêchent l'approvisionnement de l'aide humanitaire de la ville de Ta'izz et engendre la fermeture d'un de ses hôpitaux155,156.

Le , en plein cessez-le-feu, des affrontements font trente-et-un morts157.

Le , l'ancien président Ali Abdallah Saleh déclare refuser tout dialogue avec les loyalistes, privilégiant des négociations directes avec l'Arabie saoudite158.

Le , le Koweït annonce qu'il déploie des troupes au sol159.

Le , le cessez-le-feu prend fin160. Trois jours plus tard, le Conseil de sécurité appelle à son rétablissement161.

Le , les loyalistes prennent la ville de Midi ainsi que son complexe portuaire, contrôlés par les Houthis depuis 2010162.

En janvier 2016, le gouvernement décide d'expulser163 le représentant des Nations unies pour les droits de l'homme puis y renonce164, après des pressions internationales165.

Le , un bombardement cible un hôpital soutenu par MSF, dans le nord du Yémen, et fait six morts. La coalition est fortement suspectée d'en être à l'origine166

Le , les Houthis libèrent le ministre de l'Enseignement technique mais les négociations de paix sont reportées167. Le même jour, la coalition largue des vivres et des armes aux habitants de Ta'izz, qui sont alors assiégés par les rebelles168. Le 18 janvier, de l'aide parvient à Taëz169 mais seulement certains quartiers en bénéficient170.

Le , le gouvernement retourne définitivement à Aden171.

En janvier 2016, la base aérienne Al-Anad est à son tour attaquée par un tir de missile balistique rebelle172.

Le , de l'aide est acheminée à Taëz173.

Le , Nihm et le siège de la 312e brigade, situés dans le gouvernorat de Sanaa, sont repris par les loyalistes174.

Le , la Croix-Rouge a pu pénétrer à l'intérieur de la ville de Taëz pour la première fois depuis le mois d'août et a livré trois tonnes de fournitures médicales175. Au même moment, l'Arabie saoudite tente de dissuader les ONG d'accéder aux zones rebelles176, mais n'y parvient pas177,178.

Le , Ali Mohsen al-Ahmar est nommé vice-commandant des Forces armées yéménites par le président de la République, Abdrabbo Mansour Hadi179.

Le , le gouvernement yéménite déclare que le Hezbollah aurait déployé, au nord du Yémen, près de la frontière saoudienne, des troupes pour aider les rebelles3.

Le , le Parlement européen, dans une résolution non-contraignante, appelle à un embargo sur les armes pour l'Arabie saoudite180.

Le , une délégation des Houthis se rend en Arabie saoudite pour négocier, alors que les escarmouches ont baissé en intensité à la frontière et les bombardements saoudiens ont cessé depuis une semaine181,182. C'est alors que l'Arabie saoudite entreprend un échange de prisonniers avec les rebelles chiites, un soldat saoudien contre sept Yéménites183. Peu avant, l'Iran annonce qu'il pourrait appuyer les rebelles181. Cependant, les Houthis refusent toute ingérence iranienne184.

Le , la coalition annonce la fin prochaine de ses bombardements185.

Le , les loyalistes avancent vers Baihan, dans le gouvernorat de Chabwa et vers Harib, dans le gouvernorat de Marib186.

Le , un cessez-le-feu est annoncé pour le 10 avril, avant le début des négociations, prévues le 18 avril au Koweït187.

Le , un an après le début des frappes de la coalition, les Houthis organisent une manifestation géante à Sanaa188. L'ancien président Ali Abdallah Saleh propose une « paix des braves » et des négociations avec les Saoudiens189.

Le , un second échange de prisonniers a lieu entre Saoudiens et Houthis, neuf Saoudiens contre cent-neuf Yéménites190.

Le , les loyalistes, qui contrôlent déjà le port de Midi, lancent une offensive en direction du sud et de l'est, vers la ville du même nom, puis tombent dans une embuscade tendue par les Houthis191. Le , les loyalistes reprennent les localités d'al-Zalaq et d'al-Hadhba, dans la province d'al-Jawf, dont ils revendiquent le contrôle à 80 %192. Le même jour, trois civils sont tués par des bombardements rebelles sur un hôpital de Marib193. Par ailleurs, le Premier ministre et vice-président Khaled Bahah est limogé par le président Abdrabbo Mansour Hadi194. Ahmed ben Dagher lui succède au poste de Premier ministre tandis qu'Ali Mohsen al-Ahmar devient vice-président.

Le , la marine américaine intercepte un bateau iranien chargé d'armes pour les Houthis195.

Pourparlers de paix (avril-août 2016)modifier | modifier le code

Le , le cessez-le-feu entre en vigueur196. La coalition promet de respecter la trêve197, de même que l'armée loyaliste, selon son chef d'état-major, Mohammed Ali al-Makdachi198 et les Houthis199. Le médiateur de l'ONU appelle au respect de la trêve200. Le 11 avril, les loyalistes accusent les rebelles d'avoir violé le cessez-le-feu201. Le cessez-le-feu est pourtant proclamé dans un contexte d'accalmie, à la frontière saoudienne, à Sanaa et à Saada où la coalition a cessé ses bombardements depuis un mois202. Le cessez-le-feu devrait par ailleurs permettre l'acheminement d'aides humanitaires203.

Le , les combats se poursuivent, après une tentative des Houthis de reprendre les territoires perdus au nord. De plus, un général loyaliste, Saïd al-Houri, est tué par un sniper Houthi à Nihm204. Le 14 avril, treize combattants loyalistes sont tués par les rebelles205.

Le , le Mouvement du Sud organise une nouvelle manifestation à Aden206. Le 18 avril, une nouvelle manifestation est organisée en présence du gouverneur Aïdarous al-Zoubaïdi207. Le même jour, cinq loyalistes et huit rebelles sont tués, dans des combats dans la région de Marib208.

Le , les négociations de Koweït débutent avec un retard de quatre jours, à cause d'une arrivée tardive de la délégation rebelle209.

Le , les Houthis prennent une base militaire dans la province d'Amran, alors que celle-ci n'était contrôlée par aucun des deux camps210.

Le , les deux belligérants forment des commissions pour aborder les points à discuter211.

Le , la coalition vise la base prise par les rebelles à Amran212 et intercepte un missile Houthi en Arabie saoudite213.

Le , les deux camps acceptent de libérer la moitié de leurs prisonniers respectifs214. Le gouvernement refuse une proposition des rebelles de former un gouvernement sous leur égide215.

Le , des heurts éclatent entre les deux camps, à Chabwa et font des dizaines de morts de chaque côté216.

Le , les Émirats arabes unis annoncent leur retrait du conflit217.

Les et , les deux camps échangent des prisonniers à Ta'izz218 et à al-Baïda219.

Le , les Houthis prennent une montagne proche de la base aérienne Al-Anad, dans le gouvernorat de Lahij, qui est le quartier général des troupes de la coalition220.

Le , les discussions sont ajournées jusqu'au 15 juillet, tandis que les combats reprennent221. Le 10 juillet, le président yéménite, Abdrabbo Mansour Hadi, annonce son intention de ne plus participer aux pourparlers222. Au même moment a lieu une escalade dans les affrontements223. Le , les négociations reprennent finalement224. Le 21 juillet, le Koweït somme les deux belligérants à parvenir à un accord dans les quinze jours, ou à quitter le pays le cas échéant225.

Le 20 juillet, les combats reprennent226.

Le 27 juillet, un attentat fait sept morts à Marib227.

Le 28 juillet, les Houthis et la faction pro-Saleh du Congrès général du peuple proclament un « Conseil suprême » de dix membres228, sous la forme d'une présidence collégiale, composée d'un président et d'un vice-président, pour diriger le pays229,230. La délégation gouvernementale quitte les négociations231. Le 30 juillet, le médiateur de l'ONU propose de prolonger d'une semaine les négociations232, qui est acceptée par les deux parties233. Le 31 juillet, le gouvernement yéménite approuve un projet d'accord appelant les rebelles à se retirer des villes qu'ils contrôlent et à rendre les armes aux autorités et les appelle à le signer d'ici le 7 août234. Ceux-ci le rejettent235. Le , la délégation loyaliste quitte les négociations et le Koweït également236.

Le , au moins six soldats sont tués et douze sont blessés, dans un double attentat suicide contre une base militaire loyaliste, dans la localité de Habilayn, dans la province de Lahej. Selon le responsable de l'armée, le bilan pourrait s'alourdir237.

Le , les négociations sont officiellement clôturées238.

Reprise des combats (2016-2017)modifier | modifier le code

Carte de l'offensive au printemps 2017.
  •      Zone contrôlée par le gouvernement yéménite
  •      Zone contrôlée par les Houthis

Le , les raids aériens sur le gouvernorat de Sanaa reprennent, provoquant la fermeture de l'aéroport de Sanaa239. Le même jour, seize ouvriers sont tués par des bombardements de la coalition sur une usine de produits alimentaires240.

Le , sous la menace de Houthis armés, 91 à 141241 des 301 membres de la Chambre des députés, dont Yahya Ali al-Raie, président de la chambre parlementaire, se réunissent à Sanaa et votent à l'unanimité la confiance au Conseil suprême, mais ce score est inférieur au quorum de 151, ce qui provoque sa condamnation par le gouvernement installé à Aden242.

Le , dix enfants sont tués et une trentaine d'autres sont blessés, dans une frappe aérienne contre une école au nord du Yémen, selon Médecins sans frontières243.

Le , la coalition autorise l'ONU et ses agences à atterrir à l'aéroport de Sanaa244. Des frappes aériennes sont menées contre un hôpital de Médecins sans frontières et provoquent la mort de dix-neuf personnes. Bombardée par la coalition pour la quatrième fois, l'organisation annonce dans les jours qui suivent son retrait des hôpitaux du nord du pays, estimant les risques trop importants245. Pour sa part, la coalition annonce l'ouverture d'une enquête et appelle l'ONG à reconsidérer sa décision246.

L'ONG Amnesty International appelle les Houthis et leurs alliés à cesser de persécuter les membres de la minorité bahaïe, dont 65 membres au moins ont été arrêtés arbitrairement, lors de différentes rafles dont la dernière date du 16 août247.

Le , une manifestation chiite248, pro-Houthis et pro-Saleh, organisée en soutien au Conseil politique suprême, rassemble des dizaines249 à une centaine de milliers de personnes à Sanaa250.

En août 2016, le gouvernement yéménite décide de demander aux organismes internationaux de geler les avoirs de la banque centrale, et de nommer une nouvelle direction dont le siège serait au sud251.

Le , un attentat suicide, revendiqué par l'EI252, fait 71 morts et 98 blessés à Aden contre de jeunes recrues de l'armée253.

Entre le 31 août et le 2 septembre 2016, les raids aériens de la coalition sur la province de Saada font au moins 25 morts, la majorité étant des femmes et des enfants, du côté des rebelles254.

Entre le 24 août et le 24 septembre 2016, 23 membres d'Al-Qaïda sont tués par des tirs de drones américains255,256,257,258,259.

Le , la raffinerie d'Aden est rouverte, un an après la fin de la bataille, permettant ainsi de mettre fin à la pénurie d'électricité260.

En septembre 2016, le gouverneur de Marib déclare que des armes destinées aux Houthis seraient envoyées par l'Iran en transitant par Oman et la province du Hadramaout, en direction de Sanaa261.

Le , les Houthis arrêtent le journaliste Yahya al-Joubaïhi et le condamnent à mort le pour « espionnage »262. Ceci est condamné par l'Union des journalistes yéménites262, Reporters sans frontières262 et Amnesty International263.

Le , le siège de la Banque centrale est déplacé à Aden264.

Le , Hassan al-Malsi, général des Forces spéciale des Houthis, est tué après une tentative d'intrusion à la frontière saoudienne265.

Fin septembre, les loyalistes reprennent la ville d'al-Ghayl, à Al Jawf266, ainsi qu'à Nihm, dans le gouvernorat de Sanaa. Le Premier ministre, Ahmed ben Dagher, estime, le 7 octobre, que la priorité de la Résistance populaire devrait être de reprendre le contrôle de Taëz et d'Al Houdayda, avant d'avancer à Sanaa267.

Le , les Houthis chargent Abdel Aziz ben Habtour de former un gouvernement268. Il est le deuxième pro-Hadi à faire défection après le président du Parlement, Yahya Ali al-Raie269. Le 4 octobre, il forme son gouvernement composé de vingt-sept ministres270. Il n'est cependant pas reconnu par l'ONU271, la France et le Royaume-Uni272.

En octobre 2016, des manifestations hostiles au gouvernement yéménite ont lieu dans le sud, notamment à Aden, tandis que les séparatistes annoncent la création d'un conseil politique sudiste pour le 14 octobre, date anniversaire du début de l'insurrection contre le l'occupation britannique en 1964273. Ils appellent pour l'occasion à une manifestation d'ampleur274. Le à Zinjibar, des manifestants demandent le limogeage du gouverneur d'Abyan275.

Le , la coalition menée par l'Arabie saoudite effectue des raids aériens particulièrement meurtriers à Sanaa lors d'une cérémonie funéraire. Selon Jamie McGoldrick, coordinateur humanitaire pour l'ONU au Yémen, le bilan est de plus de 140 morts et 525 blessés dont 19 généraux et une douzaine d'autres d'officiers276,277. Officiellement, la coalition nie tout d’abord être impliquée avant de déclarer qu'il s'agissait d'une erreur de sa part, mais après cette attaque les États-Unis annoncent un « examen immédiat » de leur soutien à la coalition278. En représailles, les rebelles effectuent des tirs de missiles vers l'Arabie saoudite279. Le maire de Sanaa, Abdel Kader Hilal, y trouve également la mort280.

Le 12 octobre 2016, les forces loyales, dont des miliciens de la Résistance populaire, reprennent le poste-frontière d'Al-Buqah au terme d'un assaut lancé depuis le territoire saoudien281.

Le 13 octobre 2016, les forces armées des États-Unis effectuent trois frappes de missiles de croisière Tomahawk tirés par le destroyer USS Nitze sur des sites de radars contrôlés par les rebelles Houthis, à la suite de missiles lancés contre l'USS Mason et d’autres bateaux, opérant dans la zone le 9 et le 12 octobre282,283.

Le 17 octobre 2016, le président Abdrabbo Mansour Hadi accepte un cessez-le-feu de 72 heures susceptible d'être prolongé entre les forces gouvernementales et les chiites Houthis284. Le 18 octobre, un drone américain attaque un convoi de quatre véhicules et tue 8 membres d'Al-Qaïda, à Al-Rawda, dans une région de la province de Chabwa285. Le 19 octobre, de violents combats ont lieu avant la trêve autour de Sanaa, dans la province d'Omrane, dans la province de Hajja ainsi que dans la province de Marib. Le bilan est d'au moins de 35 morts286,287.

Le 29 octobre 2016, des avions de la coalition visent des bâtiments des services de sécurité appartenant aux rebelles Houthis, près d’Hodeidah, au bord de la mer Rouge, tuant au moins 60 détenus de droit commun qui y étaient incarcérés288.

Le 14 novembre 2016, la coalition militaire bombarde un convoi de camion qui transportait des marchandises, tuant 13 civils, dont un enfant289.

Le 21 février 2017, l'ONU annonce que plus de sept millions de Yéménites sont proches de la famine, soit un quart de la population290.

Le 22 février 2017, le chef d'état-major adjoint de l'armée yéménite est tué dans des combats entre forces loyalistes et rebelles Houthis, près de la ville de Mokha, sur la mer Rouge par un tir de missile291. Dans le même temps, 18 militaires loyalistes sont tués et une trentaine sont blessés. Par ailleurs, 21 rebelles périssent et 23 sont blessés292. Le 23 février, les forces progouvernementales progressent au nord et à l'est de Mokha, au prix de combats meurtriers faisant vingt-trois morts (seize rebelles et sept soldats). Les forces loyalistes avancent jusqu'à Yakhtul, localité située à 14 km au nord. À l'est, ils progressent de 10 km, grâce à l'aviation saoudienne et reprennent des positions à Jebel Al-Nar, ainsi qu'un avant-poste du camp militaire Khaled. Par ailleurs, l'aviation de la coalition tue sept rebelles et en blesse quinze autres dans des frappes aériennes sur Hodeida, grande ville portuaire de l'ouest du Yémen293.

Le 24 février 2017, un kamikaze fait exploser sa voiture piégée contre l'entrée d'un camp militaire à Abyane dans le sud du Yémen, faisant au moins huit morts et trois blessés294,295. De plus, quarante personnes sont tuées dans des combats et bombardements. Dans la province centrale de Baïda, de violents combats opposent les forces loyalistes aux rebelles Houthis, faisant vingt-six morts, parmi les deux camps. Par ailleurs, des combattants tribaux tendent une embuscade contre un convoi de rebelles, dans la région de Sawmaa, faisant ainsi neuf morts, du côté des rebelles. En outre, un tir d'obus attribué aux rebelles Houthis à Marib, à l'est de Sanaa, cause la mort de cinq personnes et blesse quatre autres296.

Le 2 mars 2017, l'armée américaine procède à une série de frappes contre Al-Qaïda, dans les provinces méridionales d'Abyane et de Chabwa, ainsi qu'à Baïda, au centre. Plus de vingt frappes tuent au moins douze membres d'Al-Qaïda297. Le 3 mars, de nouvelles frappes ont lieu dans la région d'Al-Saïd, dans la province de Chaboua, ayant pour objectif la maison de Saad Atef, un dirigeant local d'Aqpa298. Le 5 mars, dans la province d'Abyane, cinq soldats yéménites sont tués dans une attaque à l'arme automatique, par des combattants d'Al-Qaïda, contre un barrage de l'armée, au nord de la ville côtière de Chaqra. En représailles, l'armée américaine lance au moins cinq frappes aériennes sur les province de Chabwa et de Baïda299. De plus, le 6 mars, de nouvelles frappes ont lieu dans la localité d'al-Nasl, dans la province d'Abyane300. Le bilan de ces séries de raids aériens est de 22 morts du côté d'Al-Qaïda et de 2 civils tués301. Entre le 2 et le 6 mars, les États-Unis mènent une série de frappes aériennes, plus d'une quarantaine contre les djihadistes d'AQPA, il s'agit alors de la plus intense série de bombardements depuis le début de l’intervention américaine dans ce pays, en 2002302.

Le 6 mars 2017, 22 rebelles Houthis sont tués dans des raids aériens de la coalition arabe, près de Hodeida et dans des combats, dans les environs de la ville de Mokha303. Le 10 mars, 6 rebelles et 22 civils sont tués dans un raid aérien de la coalition arabe touchant un marché dans la ville de Khoukha304,305. De plus, une contre-offensive des rebelles pour reprendre Yakhtul, une localité située 14 km de Mokha, fait 15 morts dont 7 soldats yéménites306. Le 17 mars, 26 soldats des forces pro-gouvernement sont tués et 40 autres blessés par des tirs de missiles rebelles contre la mosquée d'un camp militaire à l'est de Sanaa307. Le 24 mars, au moins 20 rebelles houthis et sept soldats yéménites sont morts dans la province de Chabwa dans des combats308.

Le , des hauts responsables loyalistes dont le président Abdrabbo Mansour Hadi, Riad Yassine et Ahmed Awad ben Moubarak sont « condamnés à mort » par un tribunal contrôlé par les Houthis pour « haute trahison » pour avoir « usurpé le titre de président à l'issue de son mandat, participé à l'agression du Yémen et avoir porté atteinte à l'intégrité territoriale de la République yéménite »309.

Le , date du deuxième anniversaire du début des opérations de la coalition, les Houthis organisent une manifestation à Sanaa310. Le 29 mars, les Houthis installent, grâce à l'aide de l'Iran, des missiles de défense côtière, des radars, des mines et des bateaux piégés dans le détroit de Bab Al-Mandeb, menaçant « le commerce, les navires, et les opérations militaires dans la région » selon le général Joe Votel, chef des forces américaines au Moyen-Orient311.

Entre le 9 et le 10 avril 2017, 28 rebelles Houthis sont tués dans des raids de la coalition détruisant neuf de leurs véhicules et trois bases de roquettes Katioucha entre les provinces de Taëz et de Lahej, d'une part, et de Taëz et Hodeida, d'autre part. S'ensuit alors des accrochages au cours desquels 10 soldats gouvernementaux sont tués et 15 autres blessés à Aden312. Le 11 avril, 5 soldats soudanais sont morts et 22 autres blessés lors d'opérations militaires destinant à prendre des zones aux Houthis313. Le 12 avril, au moins 15 rebelles et 3 soldats yéménites sont tués dans de violents combats et des raids aériens de la coalition au sud-est de Mokha dans l'ouest du Yemen314.

Le 18 avril 2017, douze soldats saoudiens dont quatre officiers sont tués par la chute de leur hélicoptère dans la province de Marib, à l'est de Sanaa lors d'une opération315.

Dissensions au sein des deux camps (2017-2018)modifier | modifier le code

Dissensions au sudmodifier | modifier le code

Situation à Aden après la bataille d'Aden.

Le , le président Abdrabbo Mansour Hadi limoge le gouverneur d'Aden Aïdarous al-Zoubaïdi et le ministre d'État Hani ben Brik316. Le , des milliers de séparatistes sudistes manifestent à Aden317. Le , les deux dirigeants déchus proclament une autorité parallèle pour diriger le Yémen du Sud, le Conseil de transition du Sud318,319,320. Al-Zoubaïdi devient président du Conseil présidentiel, tandis que Hani ben Brik devient vice-président320. De fait, le Yémen comprend alors quatre gouvernements différents320.

Le 1er juin, une bombe explose sur un marché d'Al-Hazm au Nord-Est de Sanaa, faisant au moins six morts et une quinzaine de blessés321.

Le 5 juin, le Qatar est exclu de la coalition militaire arabe, sous commandement saoudien, en raison de « son soutien au terrorisme »322. De plus, le Yémen rompt ses relations diplomatiques avec le Qatar323.

Le 29 septembre, l'ONU adopte par consensus une résolution concernant la constitution d'une commission d'enquête indépendante sur les atteintes présumées aux droits de l'homme commises au Yémen324. Peu après, le 5 octobre, l'ONU publie le rapport annuel du secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés325, qui cite en annexe les pays et entités ayant commis en 2016 des meurtres ou des mutilations d’enfants : y figurent pour le conflit au Yémen la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, les houthistes, les forces gouvernementales yéménites et Al-Qaida326.

En octobre 2017, la création d'un parlement sudiste de 303 membres est annoncée327.

Le , dix membres d'Al-Islah, dont des explosifs ont été retrouvés chez eux, sont arrêtés à Aden après un attentat ayant coûté la vie à un prédicateur pro-Émirats arabes unis328.

Le , l'ONU appelle la coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite à mettre un terme au blocus qui empêche l'acheminement de l'aide humanitaire au Yémen afin d'éviter une catastrophe humanitaire329. Le , la coalition dirigée par l’Arabie saoudite annonce la réouverture du port de Hodeida et de l'aéroport de Sanaa pour l'aide humanitaire. L'ONG Save the Children salue cette mesure mais la juge insuffisante, et réclame l'ouverture du port d'Hodeida aux importations commerciales, essentielles pour nourrir la population330.

Le a lieu la séance inaugurale de l'Assemblée nationale sudiste, au cours de laquelle Ahmed Saïd ben Brik est élu président et Anis Yossouf Ali Louqman vice-président de cette chambre parlementaire331.

Le , le Conseil de transition du Sud adresse un ultimatum de sept jours au président Abdrabbo Mansour Hadi pour limoger le gouvernement d'Ahmed ben Dagher, qu'ils accusent de « corruption »332, et le remplacer par un gouvernement de technocrates, sans quoi il nommerait son propre gouvernement333.

Le , peu après l'expiration de l'ultimatum, les séparatistes prennent le contrôle du siège du gouvernement334. Le 30 janvier, les forces fidèles au STC contrôlent la quasi totalité de la ville335. En fin de journée, les combats cessent, après une médiation de la coalition336. À l'issue de ces négociations, les séparatistes rendent trois bases militaires à l'armée, et lèvent le siège du palais présidentiel al-Maachiq337.

À partir de 2015, les Émirats arabes unis commencent à administrer de fait l'île de Socotra, construisant de nouvelles infrastructures, des réseaux de télécommunication, demandant aux habitants de signer des contrats de travail avec eux, font leurs propres recensement des populations locales, puis, en 2018, se déploient militairement sur l'île, ce que condamne le gouvernement yéménite, au nom de sa souveraineté sur l'île338. Le 13 mai, des troupes saoudiennes débarquent à leur tour, à la demande du gouvernement yéménite pour former ses troupes339, puis les deux forces se retirent au profit de l'armée gouvernementale dès le lendemain 14 mai340.

Le , le Conseil de transition du sud lance un appel au « soulèvement pacifique »341.

Rupture de l'alliance entre les pro-Saleh et les houtistes et mort de l'ex-président Salehmodifier | modifier le code

Article détaillé : Bataille de Sanaa (2017).
Partisans d'Ali Abdallah Saleh retirant la bannière des Houthis, le 2 décembre 2017.

Le , Abdel Aziz ben Habtour démissionne après des tensions avec les Houthis342. En effet, Saleh al-Sammad avait refusé que le ministre des Affaires étrangères Hicham Charaf Abdallah soit, comme voulu par le Congrès général du peuple, aussi ministre du Plan343. D'une manière générale, les Houthis nomment leurs membres à la tête des renseignements et de l'armée et infiltrent également le Congrès général du peuple344.

À l'été 2017, la fragile alliance conclue entre les Houthis et les partisans de l'ancien président yéménite, Ali Abdallah Saleh, commence à vaciller345. Des négociations permettent un retour au calme après des heurts en août346.

Situation à Sanaa avant la fin de la bataille de Sanaa.

L'ancien président Ali Abdallah Saleh est tué le 4 décembre 2017, lors de la bataille de Sanaa, quatre jours après avoir rompu son alliance avec les Houthis347, en voulant nouer une alliance avec la coalition dirigée par l'Arabie saoudite348. Dans un premier temps, la confusion règne autour de la véracité de sa mort. « Le ministère de l'Intérieur (contrôlé par les Houthis) annonce la fin de la milice de la trahison et la mort de son chef (Ali Abdallah Saleh) et d'un certain nombre de ses éléments criminels », a affirmé la chaîne de télévision des Houthis, Al-Massirah, en citant un communiqué. Sa mort est ensuite confirmée par une dirigeante de son parti. Des rebelles houthis remettent une vidéo à des journalistes de l'Agence France-Presse où l'on y voit un cadavre qui semble être le sien349.

Le 3 octobre 2018, à la suite d'une médiation omanaise, les Houthis libèrent deux des fils de Saleh, Salah et Madyan, qui embarquent alors pour Amman350.

Offensive vers al-Hodeïda (depuis 2018)modifier | modifier le code

Article détaillé : Bataille d'al-Hodeïda.
Carte de l'offensive d'al-Hodeïda.
Carte de l'offensive en 2018.
  •      Zone contrôlée par le gouvernement yéménite
  •      Zone contrôlée par les Houthis
  •      Zone contrôlée par les séparatistes du Conseil de transition du Sud

Le 8 décembre 2017, les loyalistes, aidés de l'armée émiratie, reprennent le contrôle d'al-Khokha, située au sud du gouvernorat d'al-Hodeïda351. Le 25 décembre, les combats se poursuivent à Haïs et Tahtia352.

Le 26 janvier 2018, les loyalistes repartent à l'offensive dans la ville de Taëz, qu'ils contrôlent majoritairement353.

Le 5 février 2018, les loyalistes reprennent Haïs, située dans le gouvernorat d'al-Hodeïda354.

Le 26 mars 2018, sept missiles balistiques tirés par les Houthis sont interceptés dans la nuit de dimanche à lundi au dessus de l'Arabie saoudite. Les débris font un mort355. En avril 2018, des combats entre les Houthis et l'armée saoudienne éclatent à la frontière au niveau de la province de Saada. Le 19 avril 2018 est annoncée la mort du major général Hussein al-Koubari, commandant du bataillon houthiste numéro 83 obus d'artillerie sur la frontière saoudienne, l'un des derniers haut-commandants pro-Saleh et membre de la Garde républicaine356.

Le 23 avril 2018, les Houthis annoncent la mort le 19 avril, dans une attaque aérienne, de Saleh Ali al-Sammad357. Mehdi Hussein al-Machat lui succède358. Le 27 avril, la veille des obsèques d'al-Sammad, un raid aérien de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite tue 38 autres rebelles houthis, dont plusieurs chefs359 réunis au sein du ministère de l'Intérieur à Sanaa360 ; il s'agit jusque-là, pour la coalition saoudienne, du plus grand succès obtenu par raid aérien359. Selon les médias saoudiens, le fait de frapper durant la période de préparation des funéraille d'al-Sammad a été choisi volontairement afin de diminuer encore plus le moral des rebelles360. Le 28 avril, les funérailles rassemblent des milliers de partisans houthistes361, et les rebelles tirent 8 missiles de représailles sur l'Arabie saoudite, tuant 1 civil361. Le 28 avril, l'« émir » de Daech dans la région d'Aden, Saleh Nasser Fadhl al-Bakchi (surnommés le « Prince » par ses hommes), responsable des morts de centaines de personnes est tué au cours d'une fusillade par les forces de sécurité yéménite361.

Selon The New York Times de mai 2018, des forces spéciales américaines seraient déployées à la frontière entre l'Arabie saoudite et le Yémen, pour protéger la frontière des Houthis et pour aider les forces saoudiennes à trouver leurs caches de missiles362.

Le , la coalition affirme que les loyalistes ne sont qu'à 20 km d'al-Hodeïda363.

Le 12 juin, les Émirats arabes unis donnent 48h aux Houthis pour quitter la ville364. Le 13 juin, l'assaut est donné à 13h365, et les combats ont lieu au sud de la ville, où est situé l'aéroport366.

Le 25 juin, la coalition annonce la mort de huit membres du Hezbollah à Sa'dah367.

Le , les Émirats arabes unis annoncent une suspension de l'offensive368 alors que des sources militaires dans l’ouest du Yémen ont confirmé une désescalade dans les opérations militaires depuis une semaine, hormis quelques échanges de tirs sporadiques autour d’Hodeïda369.

Les loyalistes progressent de nouveau le 8 septembre370.

Le 6 octobre, les Houthis arrêtent des étudiants qui ont organisé une manifestation à Sanaa371. Les rebelles ont ainsi organisé un rassemblement armé et frappé les manifestants, majoritairement des femmes, avec des bâtons électriques372.

Offensive contre AQPAmodifier | modifier le code

Article détaillé : Insurrection djihadiste au Yémen.

Le 2 août 2017, des forces yéménites soutenues par les Émirats arabes unis lancent une offensive contre AQPA dans le gouvernorat de Chabwa373. À l'exception d'un attentat-suicide qui fait sept morts et neuf blessés parmi les soldats, les djihadistes se replient sans opposer de résistance dans le gouvernorat d'Abyan373. L'offensive se poursuit cependant dans le gouvernorat d'Abyan : les djihadistes d'AQPA se retirent également du district d'al-Wadea le 13 septembre et se replient sur celui d'al-Mahfad374.

Conséquences humanitairesmodifier | modifier le code

Le , l'OMS annonce que la guerre civile aurait permis le développement du choléra qui aurait fait 34 morts et 2 022 cas de diarrhée sévère dans 9 provinces du Yémen entre le 27 avril et le 7 mai375. Au 30 mai, l'épidémie de choléra a fait 500 morts ainsi que près de 55 206 cas suspects376. Selon l'UNICEF, l'épidémie a fait 209 morts et plus de 17 000 cas suspects depuis fin avril377. En juillet 2017, 300 000 personnes sont touchées par l'épidémie de choléra au Yémen avec plus de 1 600 morts378. A la date du 6 novembre 2017, 908 702 cas suspects ont été observés et plus de 2194 décès ont été constatés329.

La très grave crise humanitaire que subit actuellement le Yémen est due principalement au blocus maritime, aérien et terrestre imposé par l’Arabie saoudite379. De nombreuses organisations humanitaires, ainsi que l’ONU, s’en sont émues379,380.

Selon Human Rights Watch, depuis le début du conflit en mars 2015, en violation du droit international humanitaire, la coalition a imposé un blocus naval et aérien au Yémen, lequel a sévèrement restreint la livraison de vivres, de carburant et de médicaments aux civils381.

Selon l'ONU, qui réclame la levée du blocus, 21 millions de personnes ont un besoin d'aide humanitaire urgente, sept millions sont au bord de la famine et un enfant meurt toutes les dix minutes de maladie, presque un million de malades du choléra382,383.

Pour Jean-Francois Corty, directeur des opérations internationales de Médecins du monde, « les démocraties occidentales, dont la France et les États-Unis, ne sont pas neutres, puisque le conflit les implique et les concerne. Or contester une alliance avec des pays qui ne respectent pas le droit humanitaire international reste très difficile chez nous, en France ». Selon lui, « ce blocus relève plutôt d’une forme de punition collective qu’autre chose. Il faut dénoncer cela et être proactif car, potentiellement, avec ce blocus quasi-total, on peut parler de famine planifiée et si rien n’est fait il s’agira d’un crime de guerre »384.

En février 2018, l'ONU dresse un bilan des pertes civiles, il dépasse les 10 000 morts depuis un an et demi. Le blocus du pays par les puissances arabes a provoqué la « pire crise humanitaire de la planète » selon les Nations unies : 7 millions de personnes, soit un quart de la population, sont au bord de la famine ; 1 million ont été touchées par le choléra385. Le 9 août 2018, les frappes aériennes à Dahyan contre un bus civil provoquent un scandale international en tuant 29 enfants (sur un total de 51 morts).

Selon un rapport remis aux élus du Congrès des États-Unis le 12 avril 2018, par les services de renseignement militaire, 22 millions de yéménites sur 30 au total se trouvent en situation de risque humanitaire386. Selon les chiffres avancés par l'ONU en mars 2018, 22,2 millions de yéménites ont besoin d'aide humanitaire387.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

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Référencesmodifier | modifier le code

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Annexesmodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code