Guillaume II (empereur allemand)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guillaume de Prusse (homonymie) et Guillaume II.

Guillaume II
(de) Wilhelm II
Illustration.
Guillaume II d'Allemagne.
Titre
Empereur allemand

(30 ans, 4 mois et 25 jours)
Chancelier Otto von Bismarck
Leo von Caprivi
Clovis Charles Victor von Hohenlohe
Bernhard von Bülow
Theobald von Bethmann Hollweg
Georg Michaelis
Georg von Hertling
Max de Bade
Prédécesseur Frédéric III
Successeur Friedrich Ebert (président du Reich)
Roi de Prusse

(30 ans, 4 mois et 25 jours)
Prédécesseur Frédéric III
Successeur Instauration de l'État libre de Prusse
Biographie
Dynastie Maison de Hohenzollern
Nom de naissance Friedrich Wilhelm Viktor Albrecht von Hohenzollern
Date de naissance
Lieu de naissance Potsdam (Prusse)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Doorn (Pays-Bas)
Nationalité Allemande
Père Frédéric III
Mère Victoria du Royaume-Uni
Conjoint Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg
(1881-1921)
Hermine Reuss zu Greiz
(1922-1941)
Enfants Frédéric-Guillaume de Prusse
Eitel-Frédéric de Prusse
Adalbert de Prusse
Auguste-Guillaume de Prusse
Oscar de Prusse
Joachim de Prusse
Victoria-Louise de Prusse
Héritier Guillaume de Prusse
Religion Protestantisme
Résidence Château de Berlin

Signature de Guillaume II(de) Wilhelm II

Guillaume II (empereur allemand)
Rois de Prusse
Empereurs allemands

Frédéric Guillaume Victor Albert de Hohenzollern (en allemand : Friedrich Wilhelm Viktor Albrecht), né le à Berlin et mort le à Doorn, aux Pays-Bas, est, de 1888 à son abdication en 1918, le troisième et dernier empereur allemand (Deutscher Kaiser) et le neuvième et dernier roi de Prusse.

Membre de la maison de Hohenzollern, régnant sous le nom de Guillaume II, il était le petit-fils de Guillaume Ier (premier empereur allemand) et le fils de Frédéric III, qui ne régna que 99 jours et à qui il succéda.

Sa mère, la Kaiserin Victoria, était la fille de la reine Victoria du Royaume-Uni et du prince consort Albert de Saxe-Cobourg-Gotha.

Ses prénoms ont été donnés en hommage à son grand-oncle Frédéric-Guillaume IV de Prusse, régnant lors de sa naissance, et à ses grands-parents.

Caractère et règne avant la Grande Guerre (1888-1914)modifier | modifier le code

Article détaillé : Société de l'Empire allemand.
Quatre générations d'empereurs : le Kaiser Guillaume Ier, le Kronprinz Frédéric-Guillaume, les princes Guillaume et Frédéric-Guillaume (1885).

Les historiens décrivent un homme « intelligent, cultivé et ouvert », mais parfois indécis et prêt à s'emballer pour revenir en arrière peu de temps après, défaut qui sera utilisé contre lui par la diplomatie européenne1.

Guillaume devint souverain de l'Empire allemand en (« l'année des trois empereurs ») après le très court règne de son père, le libéral Frédéric III.

Son règne débuta dans un climat social très agité, sur fond de grèves en particulier des mineurs. Le jeune souverain prend le contrepied des lois antisociales du chancelier Bismarck et finira rapidement par s'en séparer : Guillaume II applique une mesure d'avant-garde, la réduction à 8 heures de la journée de travail dans les mines. Mesure sociale qu'il essaie de faire partager par les pays européens, pour ne pas pénaliser l'industrie allemande. En 1890, il organise à cet effet une Conférence internationale à Berlin, qui se soldera, de ce point de vue, par un échec2.

Son règne fut également marqué par un changement total de la politique traditionnelle prussienne, un militarisme et un autoritarisme exacerbés. Désirant donner à l'Allemagne une envergure internationale, il troqua la Realpolitik de Bismarck contre la Weltpolitik expansionniste et colonialiste, s'employa à développer une marine de guerre tandis que son règne tint de plus en plus du régime personnel. Il est en cela en accord avec une opinion publique demandant une politique étrangère plus active et la montée en puissance des groupes nationalistes comme la Ligue pangermaniste.

D'un point de vue économique, l'historienne Francine Dominique Liechtenhan rappelle que le règne de Guillaume II permit un développement important de l'industrie allemande. Un développement scolaire et universitaire hors du commun participe à l'évolution du pays vers un État-nation. Une vieille tradition associant école et apprentissage crée des travailleurs qualifiés. L'université sait s'adapter aux nouvelles demandes de la modernisation du pays : physique, chimie, électronique, pharmacie… La Kaiser-Willhelm-Gesellschaft encourage la recherche. Des entreprises comme Siemens, Bayer ou AEG acquièrent vite une renommée internationale. Guillaume II inaugure également un nouveau type de grande école technologique prodiguant un enseignement plus pratique. L'empereur observe avec enthousiasme l'évolution de la recherche. Il aime inviter les chercheurs, économistes, techniciens mais aussi les hommes d'affaires. En ce sens, il se situe aux antipodes de l'empereur François-Joseph d'Autriche figé dans son immobilisme et de Nicolas II de Russie, frileux envers cet univers de progrès. Le règne de Guillaume II apporte une nette augmentation du niveau de vie.

Bien que connu pour sa passion pour les parades militaires et les uniformes, Guillaume n'est pas, comme on l'a dépeint par la suite, un va-t'en guerre irréfléchi. On le voit notamment lors de la crise d'Agadir en 1911, où en proie aux attaques de la presse nationaliste qui le traite de « Guillaume le timide, le valeureux poltron », il choisit une solution négociée au conflit1. Il joue également un rôle modérateur dans les guerres balkaniques de 1912-1913, conseillant à son allié autrichien de ne pas intervenir, car il redoute un conflit austro-russe dans les Balkans1. Il encourage également l'Autriche-Hongrie à améliorer ses relations avec la Serbie.

Politique étrangèremodifier | modifier le code

Articles détaillés : Weltpolitik de Guillaume II et Alsace-Lorraine.
Victoria, souveraine du Royaume-Uni, impératrice des Indes, grand-mère du Kaiser et de la tsarine, appelait son petit-fils prussien « William ».

Dès 1890, il renvoya le chancelier Otto von Bismarck et ne renouvela pas le pacte germano-russe d'assistance mutuelle. Sa politique étrangère agressive (armement maritime selon le plan Tirpitz, volonté d'expansion allemande) le mit en confrontation notamment avec le Royaume-Uni, avec lequel, du fait de ses relations familiales, il eut des rapports complexes, et l'isola sur le plan diplomatique.

Il tenta vainement d'influencer la politique orientale du tsar Nicolas II de Russie et lui offrit notamment un tableau peint par Hermann Knackfuss représentant l'Europe devant défendre ses valeurs en Chine.

Les relations avec la France étaient marquées par le revanchisme de cette dernière et la concurrence en matière étrangère et coloniale. L'affaire Schnæbelé date de l'année précédant son avènement, et d'autres crises suivront : crise de Tanger en 1905, coup d'Agadir en 1911.

Après Bismarck se succédèrent, au poste de chancelier, Leo von Caprivi (de 1890 à 1894), le prince Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst (de 1894 à 1900), le prince Bernhard von Bülow de (1900 à 1909), Theobald von Bethmann Hollweg (de 1909 à 1917), Georg Michaelis puis le comte Georg von Hertling, enfin en le prince Maximilien de Bade.

Première Guerre mondiale (1914-1918)modifier | modifier le code

Guillaume II et son allié l'empereur François-Joseph d'Autriche.
Le Kaiser en costume impérial.

Dans les mois qui précèdent le conflit, Guillaume II est loin d'encourager une solution militaire — c'est du moins ce qu'il veut faire croire à la Triple-Entente et au reste du monde — mais il œuvre en fait pour tout le contraire, usant de désinformation et poussant l'Autriche à attaquer la Serbie, à la suite de l'attentat de Sarajevo3. En , l'ambassadeur allemand à Vienne précise que deux personnes sont contre un conflit avec la Russie : l'empereur Guillaume II et l'archiduc-héritier François-Ferdinand. Après l'attentat de Sarajevo, même s'il assure l'Autriche-Hongrie de son soutien inconditionnel, Guillaume II espère que l'ultimatum autrichien à la Serbie permettra de trouver une solution diplomatique1. Pendant tout le mois de juillet, il communique avec son cousin Nicolas II affirmant que la paix repose dans les mains de celui-ci4.

Le , après des hésitations, le commandement militaire en la personne du général von Falkenhayn lui arrache « l'état de danger de guerre ».

Pendant la guerre, Guillaume II était commandant en chef des armées, mais il perdit bientôt l'autorité réelle et sa popularité en fut diminuée.

Abdication (1918)modifier | modifier le code

Le Kaiser en 1918.

C'est la marine allemande qui précipita la fin de la monarchie allemande. Les mutineries de l', l’instauration de conseils ouvriers (Arbeiter- und Soldatenräte) dans toutes les grandes villes de l'empire, de Metz à Berlin, forcèrent le Kaiser à renoncer non seulement au trône allemand, mais aussi au trône de Prusse. Les autres souverains allemands, qui avaient dû le suivre dans sa démarche autoritaire et militariste, ne purent pas non plus sauver leurs dynasties séculaires.

Bien qu'héritier du trône de Bade, le chancelier Max de Bade, connu pour ses idées libérales, précipita les évènements en annonçant par anticipation l'abdication du Kaiser. La république fut proclamée et le Kaiser n'eut d'autre choix que de se résigner à abdiquer officiellement le (le traité d'abdication ne fut signé cependant que le ) lorsqu'il résidait au château de la Fraineuse, à Spa. Craignant de subir le même sort tragique que son cousin le tsar de Russie et ne pouvant sans risque pour sa vie regagner Berlin, il se réfugia aux Pays-Bas, État neutre, et s'installa à Doorn sous la protection de la reine Wilhelmine, tante par alliance de sa belle-fille la Kronprinzessin Cecilie qui était restée à Berlin avec ses enfants auprès de la Kaiserin. L'ex-empereur ne sera pas livré aux vainqueurs qui voulaient le juger comme responsable de la guerre. De même, la reine des Pays-Bas accueillera sur son sol les principaux sujets belges germanophiles de 1914-1918 dont les plus notoires étaient condamnés à mort par contumace.

Responsabilité personnelle dans le déclenchement du conflitmodifier | modifier le code

À l'issue de la guerre, il est désigné par les puissances alliées comme le principal responsable du conflit et l'article 227 du traité de Versailles (1919) l'accuse personnellement d'« offense suprême contre la morale internationale et l'autorité sacrée des traités »1. Le Premier ministre anglais David Lloyd George est encore plus expéditif et réclame de pendre l'empereur5, rejoignant l'opinion exprimée par plusieurs titres de presse1.

Depuis cette époque, la question de la responsabilité de l'Allemagne et de Guillaume II dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale a provoqué des polémiques qui ont dépassé le seul cercle des historiens. Ces polémiques sont renouvelées par la thèse de Fritz Fischer dans Les Buts de guerre de l'Allemagne impériale6 qui suggère un calcul politique de grande ampleur. Selon lui, l'Empire allemand aurait visé à l'hégémonie en Europe plusieurs années avant la guerre ; dernier venu sur la scène coloniale, il aurait aspiré à la domination mondiale par une victoire totale sur les autres puissances européennes. La guerre aurait été décidée par l'Allemagne avant même .

Le Kaiser en 1910.

La thèse de Fischer a fait l'objet de nombreuses critiques et les biographies ultérieures sont beaucoup plus mesurées quant au rôle joué par Guillaume II dans le déclenchement du conflit. Elles estiment qu'on ne peut affirmer que Guillaume II a provoqué la Première Guerre mondiale, même s'il ne fit pas grand-chose pour l'éviter. Ainsi, pour Henry Bogdan, « si Guillaume II pressé par les militaires de son entourage leur a cédé, sa responsabilité personnelle est des plus limitées »1.

Exil et Seconde Guerre mondiale (1919-1941)modifier | modifier le code

Son exil est endeuillé par le suicide de son fils Joachim, suivi de la mort de l’impératrice. Il se remarie l'année suivante avec la princesse Hermine Reuss zu Greiz, et écrit ses mémoires. Parallèlement, le capitaine Sigurd von Ilsemann7 devient son aide de camp.

Il accorde une entrevue au sujet d'Adolf Hitler en 1938 à un journaliste de Voilà, W. Burkhardt, qui permet de comprendre son opinion des évènements en Allemagne. Il reproche à Hitler d'être « un homme seul, sans famille, sans enfant, sans Dieu ». « Il prépare des légions, mais il ne fait pas une nation », et oppose la tradition à l'« État vorace » qui se « substitue à tout ». Il dit aussi : « J’ai cru pendant quelques mois au national-socialisme : je pensais qu’il était une fièvre nécessaire , et je voyais y participer certains hommes qui sont parmi les plus remarquables et les plus sages de l’Allemagne. Mais ceux-là, un à un, il les écarte ou les exécute : Papen, Schleicher, Neurath… Et même Blomberg. Il ne reste maintenant que des aventuriers en chemise. »8.

Il condamne fermement, malgré ses convictions antisémites, les lois antijuives. Deux mois plus tard, lors de la nuit de Cristal en , il dit : « pour la première fois, j'ai honte d’être Allemand »9.

Il n'approuve ni l'invasion de la Pologne qui déclenche la Seconde Guerre mondiale, ni l'invasion des autres pays européens dont les Pays-Bas, son hôte. Mais lorsque la France, reconnaissant sa défaite, sollicite l'armistice, il envoie un télégramme de félicitations à Adolf Hitler. Certains de ses fils sont mobilisés sous Hitler et deux d'entre eux, Le Kronprinz et Auguste-Guillaume, deviennent membre du parti nazi.

Hauts représentants de la Wehrmacht à l'enterrement de l'ex-empereur aux Pays-Bas.

Il meurt à 82 ans aux Pays-Bas, le , quelques jours avant l'attaque allemande sur l'Union soviétique, et reçoit à ses funérailles les honneurs militaires allemands. Il avait demandé que des symboles nazis ne soient pas portés lors de ses funérailles, ce qui n'est pas respecté.

Son corps repose à Doorn, devenu un lieu de pèlerinage pour les monarchistes.

Sa deuxième épouse, faite prisonnière par les Soviétiques, meurt d'insuffisance cardiaque10 en 1947, à 59 ans.

Famillemodifier | modifier le code

Ascendancemodifier | modifier le code

Guillaume II appartenait à la première branche de la maison de Hohenzollern. Cette lignée donna des princes-électeurs, des rois, des empereurs au Saint-Empire romain germanique, à la Prusse et à l'Allemagne. Guillaume II d'Allemagne est l'ascendant de l'actuel chef de la maison impériale d'Allemagne, le prince Georges-Frédéric de Prusse.

En 1901, il exclut de la maison de Hohenzollern sa tante Anne de Prusse, landgravine douairière de Hesse-Cassel parce qu'elle s'était convertie au catholicisme.

Descendancemodifier | modifier le code

Guillaume II, sa seconde épouse Hermine, et Henriette, la fille de cette dernière, issue de son premier mariage, à Doorn en 1932.
Le Kaiser, la Kaiserin Augusta-Victoria et leurs enfants.

Après avoir fait des études au Gymnasium de Cassel et à l'université de Bonn, il renonce à convoler avec sa cousine Élisabeth de Hesse-Darmstadt11 et épouse le la princesse Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg dite Donna (née le , morte le ), fille de Frédéric Auguste de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg puis, devenu veuf, la princesse Hermine Reuss zu Greiz, veuve du prince de Schönaich-Carolath.

De son premier mariage, il a sept enfants :

Personnalitémodifier | modifier le code

Il fréquentait beaucoup les jeunes officiers du « cercle de Liebenberg », tous issus de la haute noblesse prussienne, nationaliste et ultra-conservatrice. Le prince Alexandre de Hohenlohe parle d'une homosexualité latente de l'empereur12, la plupart de ses intimes étant homosexuels. Il se lia notamment d'une profonde amitié avec le prince Philipp zu Eulenburg surnommé Phili. Le prince zu Eulenburg avait une grande influence sur l'empereur au point qu'il put faire nommer un membre du cercle de Liebenberg, Bernhard von Bülow, chancelier d'empire et ministre-président de Prusse en 1900. Cette relation fut brisée lorsque ce dernier fut ouvertement compromis par un scandale et un procès (affaire Harden-Eulenburg) (1906/1909). Bernhard von Bülow dut démissionner et l'empereur cessa toute relation avec le prince zu Eulenburg.

Infirmité et psychologiemodifier | modifier le code

Guillaume II en pleine prière.

Atteint d'une paralysie du plexus brachial consécutive à une naissance difficile qui met en danger sa jeune mère alors âgée de 18 ans, Guillaume présente une atrophie partielle du bras gauche. Cette paralysie (atrophie de l'épaule gauche nette sur les photos à quinze ans) le gêne dans ses fonctions de représentation et notamment, l'empêche de monter seul un cheval, handicap majeur pour un prince de cette époque, héritier puis souverain d'une monarchie militariste. Il cherche toujours à dissimuler ce handicap, ce qui explique ses nombreuses fanfaronnades et son ton agressif qui cause bien des difficultés à la diplomatie impériale. Certains historiens[Qui ?] pensent qu'il aurait aussi pu subir une lésion cérébrale susceptible d'expliquer certains de ses traits de caractère (cyclothymie, agressivité, entêtement, impulsivité et manque de tact). Une telle personnalité engendre un comportement incompatible avec celui d'un monarque constitutionnel : pour compenser ce complexe d'infériorité, Guillaume fait une série de déclarations intempestives qui provoquent des crises diplomatiques graves, notamment l'affaire du Daily Telegraph et alimentent le courant germanophobe au Royaume-Uni et en France. Dans ses Mémoires, le chancelier von Bülow écrit qu'il passe un temps considérable à rattraper les maladresses du souverain.

Vie privéemodifier | modifier le code

Portrait du Kaiser Guillaume II en 1895.
  • Guillaume II collectionnait les uniformes et aimait les porter. Il en changeait plusieurs fois par jour, et s'habillait par exemple en garde-champêtre pour un pique-nique, ou en amiral pour visiter un aquarium (ou un navire, comme le voilier-école Grossherzogin Elisabeth en 1901). Il en avait plus de 200 qui étaient régulièrement entretenus par ses 12 valets.
  • Il adorait monter à cheval. L'apprentissage de l'équitation avait été particulièrement douloureux à cause de son bras atrophié. Il considérait le fait de pouvoir monter à cheval, indispensable pour un militaire, comme une revanche secrète sur son handicap. Il avait d'ailleurs une selle dans son bureau, qui lui servait parfois de fauteuil. Lorsqu'il se levait pour recevoir ses visiteurs, qui étaient surpris par le mouvement inhabituel du Kaiser pour quitter son siège, il leur montrait la selle montée sur un pied, expliquant qu'il était si bon cavalier qu'il préférait cela à une chaise de bureau.
  • La forme de sa moustache a été reprise par de nombreux Allemands, créant ainsi un phénomène de mode.
  • Il faisait une croisière annuelle estivale dans les eaux scandinaves ou en mer Méditerranée à bord de son yacht impérial, le SMY Hohenzollern. C'est d'ailleurs en vacances, au large de la Norvège, qu'il apprit l'attentat de Sarajevo.

Dans la culture populairemodifier | modifier le code

  • Dans un épisode des Simpson, il ressuscite et vient détruire Springfield avec des cow-boys, en qualité d'« Allemand le plus maléfique de tous les temps ».
  • Baron Rouge, film germano-britannique de Nikolai Müllerschön sorti en 2008, dans lequel l'empereur apparaît à plusieurs reprises.
  • Trahisons (The Exception), film britannique de David Leveaux sorti en 2016, se situe dans l'entourage de Guillaume en 1940 en Hollande.

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Christian Baechler, Guillaume II d'Allemagne, Fayard, 2003.
  • Charles Zorgbibe, Guillaume II, le dernier empereur allemand, Éditions de Fallois, 2013, 398 pages.
  • Henry Bogdan, Le Kaiser Guillaume II dernier empereur d'Allemagne, Éditions Tallandier, Paris, 2014, 303 pages.
  • (en) Harold Frederic, The young emperor, William II of Germany; a study in character development on a throne, G. P. Putnam's sons, New York, 1891, 250 pages. Lire en ligne
  • (en) Michael Balfour, The Kaiser and his Times, Houghton Mifflin (1964).
  • Récits de la Grande Guerre, 1918-2008, Les Cahiers de l'Est républicain, , 100 p.
    Le dernier Kaiser. Le , Guillaume II devient le commandant suprême des troupes des empires centraux. Portrait – Hiver 2008
    .

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. a b c d e f et g Henry Bogdan, « Guillaume II et l'Europe d'avant 1914 », La Nouvelle Revue d'histoire, Hors Série, no 8H, Printemps-Été 2014, p. 48-52.
  2. Conférence internationale de Berlin, 15-29 Mars 1890, 128 p. (lire en ligne), (page 11) pour le rescrit impérial du 4 février 1890
  3. Ceci est clairement démontré par Raymond Poincaré lors de ses conférences prononcées à la Société des Conférences en 1921, lesquelles ont fait l'objet d'un ouvrage intitulé Les Origines de la Guerre (Raymond Poincaré, Librairie Académique Perrin, 1921, réédité en 2014, (ISBN 978-2-262-04385-8)).
  4. « La paix peut encore être sauvée par toi si tu consens à arrêter les préparatifs militaires contre l'Autriche-Hongrie ».
  5. « Hang the Kaiser ».
  6. Fritz Fischer, Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918), trad. de Geneviève Migeon et Henri Thiès, préface de Jacques Droz, Éditions de Trévise, Paris, 1970 (1re éd. en allemand 1961), 654 p. [détail des éditions].
  7. (nl) « Sigurd von Ilsemann over Museum Huis Doorn », sur Huis Doorn (consulté le 1er mars 2018)
  8. Reproduction de l'entretien avec Guillaume II paru le 30 septembre 1938 dans le no 393 de Voilà
  9. Christian Baechler, Guillaume II d'Allemagne, Fayard, 2003.
  10. Site de la famille de Hohenzollern.
  11. La princesse Élisabeth est la fille de la princesse Alice du Royaume-Uni, sœur de la Kaiserin Victoria. La princesse Alice est porteuse du gêne de l'hémophilie qu'elle a transmis à un de ses fils. Il ne peut se concevoir que le fils du futur Kaiser puisse être hémophile et les Hesse-Darmstadt comme les Hohenzollern sont d'accord pour empêcher ce mariage ; Ils auront moins de scrupules envers le tsar de Russie Nicolas II et le roi d'Espagne Alphonse XIII ; l'hémophilie des infants d'Espagne et surtout celle du tsarévitch joueront un rôle certain dans la chute des monarchies russes en 1917 et espagnoles en 1931.
  12. C’est bien ce que dit assez nettement le prince Alexandre de Hohenlohe, le fils du Statthalter et chancelier de Guillaume II, lorsqu’il écrit au sujet de son ancien souverain : « Pour pouvoir sonder l'abime qui s'ouvre dans cet homme, il faudrait posséder la plume d'un Marcel Proust ; il faudrait descendre dans les profondeurs et les souterrains de certaines natures anormales et pouvoir les peindre comme l'a fait cet auteur dans son œuvre À la recherche du temps perdu, lorsqu'avec une maîtrise incomparable et avec l'exactitude et la compétence d'un Darwin, d'un Fabre ou d'un Forel, il a décrit les différents genres d'inversion et les multiples variétés d'invertis des deux sexes » dans Souvenirs du Prince Alexandre de Hohenlohe, Payot, Paris, 1928, p. 199.

Voir aussimodifier | modifier le code

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Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code