Treizième accord de paix en Centrafrique

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Le Treizième accord de paix en Centrafrique ou Accord de Khartoum est un accord de paix signé le entre le gouvernement centrafricain du président Faustin-Archange Touadéra et quatorze groupes armés centrafricains. Il est censé entériner les processus de paix entamés depuis 2012.

Contextemodifier | modifier le code

De 2012 à 2014, la République centrafricaine a souffert de deux guerres civiles. Depuis 2007, il s'agit du treizième accord de paix (en comptant les deux traités non-reconnus).De 2012, il s'agit du huitième accord de paix signé1. De plus, même si elles n'ont plus le même niveau d'intensité que sous les guerres civiles, les violences se poursuivent. Ainsi, entre le début des négociations spécifiques au treizième accord de paix commencées le 24 janvier 2019, et le 26 janvier 2019, au moins 13 personnes ont été tuées par des groupes armés2. Quelques jours avant le début des négociations à Khartoum, deux anciens chefs anti-balakas, le député Alfred Yekatom, ex-chef rebelle, et le patron de la Fédération centrafricaine de football et ancien leader anti-balaka Patrice-Edouard Ngaïssona, ont été arrêtés et transférés à la Cour pénale internationale3.

Toutefois les négociations du treizième accord de paix se distinguent des négociations précédentes par le fait qu'elles aient été les premières à réunir le gouvernement centrafricain et 14 hauts-chefs rebelles2'3.

Négociations et signaturemodifier | modifier le code

Les négociations s'ouvrent à Khartoum, capitale du Soudan, le 24 janvier 2019. Elles ont la particularité d'être les premières négociations pour un accord de paix à réunir le gouvernement centrafricain et 14 hauts-chefs rebelles2'3. D'autres organisations internationales participent également. Sont donc présents les représentants du gouvernement centrafricain - Firmin Ngrebada2 (directeur du cabinet du président de la république), Marie-Noëlle Koyara2 (ministre de la défense) et Flavien Mbata2 (ministre de la justice) - Nourredine Adam3 du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) – qui est représenté aux négociations par une délégation -, Armel Sayo3 du groupe Révolution et Justice (RJ), Sidiki Abass3 et le général Ziwo3 des 3R, Ali Darassa3 dirigeant de l'"Union pour la paix en Centrafrique" (UPC) (alors même qu'il avait refusé de se rendre aux négociations dans un premier temps et que l'UPC affrontait les forces onusiennes de la MINUSCA et l'Armée centrafricaine le mercredi précédent le début des négociations3), l'ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé3, le porte-parole de plusieurs groupes armés Igor Lamarka2, le commissaire à la paix et la sécurité de l'Union africaine Smaïl Chergui, le président soudanais Omar el-Béchir2, et le responsable des opérations de maintien de la paix de l’ONU Jean-Pierre Lacroix3. Toutefois, le président de la République centrafricaine durant les guerres civiles, François Bozizé, n'est pas convié aux négociations3.

Les négociations tournent beaucoup autour du volet judiciaire, et plusieurs représentants s'inquiètent de l'impunité dont pourraient bénéficier les groupes armés4.

L'accord est paraphé le 5 février à Khartoum4.

Il est signé au Palais de la Renaissance à Bangui le 6 février 2019 par le président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra et par les représentants de 11 groupes armés4.

Contenu de l'accordmodifier | modifier le code

Le contenu de l'accord de paix n'est pas rendu public à sa signature4. Ce qui amène un flou sur la question de l’amnistie et des poursuites judiciaires, laissant craindre une impunité des groupes armés4. Il est toutefois convenu de la création d'une « une commission vérité, justice et réconciliation » et de la non-suspension des poursuites judiciaires déjà entamées4.

Les groupes armés sont réintégrés à la vie politique centrafricaine, et la possibilité d'intégrer leurs dirigeants comme ministres - fonction que plusieurs ont déjà occupés par le passé - est envisagée4.

Référencesmodifier | modifier le code

  1. « Centrafrique : un huitième accord de paix a été paraphé à Khartoum », sur jeuneafrique.com, (consulté le 6 février 2019)
  2. a b c d e f g et h « Centrafrique : au moins treize morts depuis le début des pourparlers de paix », sur jeuneafrique.com, (consulté le 7 février 2019)
  3. a b c d e f g h i j k et l « Centrafrique : un accord de paix peut-il sortir des négociations de Khartoum ? », sur jeuneafrique.com, (consulté le 7 février 2019)
  4. a b c d e f et g « Centrafrique : l’accord de paix signé, mais toujours pas rendu public », sur jeuneafrique.com, (consulté le 7 février 2019)