Yvette Horner

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Yvette Horner
Description de cette image, également commentée ci-après
Yvette Horner en 1960.
Informations générales
Surnom Vévette
Nom de naissance Yvette Marie Eugénie Hornère
Naissance
Tarbes (France)
Décès (à 95 ans)
Courbevoie (France)
Activité principale Musicienne
Genre musical Musette
Instruments Accordéon, piano
Années actives 1940-2011
Site officiel yvettehorsnorme.com

Yvette Hornère, dite Yvette Horner, née le à Tarbes et morte le à Courbevoie1, est une accordéoniste2, pianiste et compositrice française.

Après avoir remporté la Coupe du monde d'accordéon en 1948, elle obtient le grand prix du disque de l’académie Charles-Cros en 1950 grâce à l'album Le Jardin secret d'Yvette Horner. Elle établit sa popularité en accompagnant la caravane du Tour de France à onze reprises. Durant sa carrière, longue de soixante-dix ans, Yvette Horner donne plus de deux mille concerts et réalise cent cinquante disques, dont les ventes cumulées s'élèvent à trente millions d'exemplaires.

Biographiemodifier | modifier le code

Jeunessemodifier | modifier le code

Yvette Horner (née Yvette Hornère, patronyme modifié par sa mère qui trouvait cela plus « commercial »3), passe quelques années de son enfance à Rabastens-de-Bigorre où son père Louis Hornère, est entrepreneur en bâtiment4. Enfant unique, sa mère l'incite à faire de la musique. Son professeur Marguerite Lacoste lui enseigne ses premières notes de musique au piano5. Elle étudie la musique au conservatoire de Tarbes, puis au conservatoire de Toulouse où, âgée de 11 ans, elle obtient un 1er prix de piano. Sa mère l'oblige à abandonner son instrument pour l'accordéon chromatique, estimant que « des accordéonistes femmes, il n'y en a pas et là, tu te feras une situation »6,7. Au long de sa vie, Yvette Horner garde une certaine nostalgie de son premier instrument8. La jeune fille commence à se produire dans les casinos. Son éducation se poursuit à Paris où elle est l'élève de Robert Bréardréf. souhaitée].

Carrièremodifier | modifier le code

Yvette Horner donne son premier concert en 1947 à Paris.

En 1948, Yvette Horner est la première femme à remporter la Coupe du monde de l'accordéon4,9. Le grand-prix international d'accordéon de Paris lui est attribué en 19504. En 1950, elle reçoit le grand prix du disque de l’académie Charles-Cros pour le Jardin secret d'Yvette Horner10.

En 1952, Calor, qui sponsorise le Tour de France, lui propose d'accompagner la course, ce qui lance sa carrière. Elle joue sur un podium, à l'arrivée de chaque étape. Coiffée d'un sombrero et juchée sur le toit d'une Citroën Traction Avant aux couleurs de la marque Suze, elle réitère les années suivantes, accompagnant au total onze Tours de France (de 1952 à 1963)9,11. Elle est également reine des Six Jours en 19544.

Dans les années 1980, elle change de couleur de cheveux, passant de brune à rousse et adopte des tenues de scène plus extravagantes (telles que la célèbre « robe Tour Eiffel ») créées par le couturier Jean-Paul Gaultier qui en fait l'une de ses égéries.

En 1987, elle devient la marraine du Cany-Accordéon-Club, avec qui Annie Lacour directrice, travailla à la Schola Cantorum de Paris pendant 5 ans.

En 1989, elle prend part aux célébrations du Bicentenaire de la Révolution en se produisant sur la place de la Bastille4. L'année suivante, elle est la vedette d'une revue au Casino de Paris12. Dans les années 1990, elle se produit sur scène en compagnie de Marcel Azzola puis collabore avec le chorégraphe Maurice Béjart lorsque celui-ci monte le ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski au théâtre du Châtelet en 199913,12,14.

En 2005 paraît son autobiographie, intitulée Le Biscuit dans la poche6. En juin 2006, la musicienne entame un documentaire sur sa vie avec le réalisateur canadien Damian Pettigrew13. Son album Double d'Or sort en 2007. En 2009, elle prend part à la tournée La plus grande guinguette du monde15.

En 2011, l'accordéoniste est invitée par le chanteur Julien Doré à participer à l'enregistrement de son album Bichon13. Un nouvel album d'Yvette Horner, intitulé Hors Norme, est édité en . Il est réalisé par Patrick Brugalières16. Parmi les artistes invités figurent Lio, Didier Lockwood, Richard Galliano et Marcel Amont. La pochette est illustrée par Jean-Paul Gaultier17.

Elle a donné son dernier concert en 2011.

Durant sa carrière, l'accordéoniste a donné plus de 2 000 concerts13. Yvette Horner enregistre pour les labels Pathé-Marconi, CBS et Erato4. Sa discographie compte 150 disques, dont les ventes ont atteint les 30 millions d'exemplaires9.

Décèsmodifier | modifier le code

Yvette Horner meurt le , à l'âge de 95 ans. « Elle n'était pas malade. Elle est morte des suites d'une vie bien remplie » a déclaré son agent Jean-Pierre Brun18.

Vie privéemodifier | modifier le code

Yvette Horner fait ses débuts au « Théâtre Impérial » de Tarbes (renommé par la suite « Théâtre des Nouveautés »), qui appartient à sa grand-mère paternelle19,20.

La musicienne épouse René Droesch, originaire de Belfort, footballeur aux Girondins de Bordeaux, qu'elle a rencontré en 19366. Droesch interrompt sa carrière pour devenir son manager, son mari et la décharger des « soucis matériels »12,19. Yvette Horner regrette de ne pas avoir eu d'enfant21 avec son mari qui meurt en 198617.

En 2005, l'accordéoniste vend sa maison de Nogent-sur-Marne, où elle a vécu durant une cinquantaine d'années. Elle met aux enchères à l'hôtel Drouot des objets personnels, dont sa collection de robes Jean Paul Gaultier. La vente se tient au profit de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) et d'une association de lutte contre le cancer22. Après la vente de sa maison de Nogent, l'artiste vivait dans une résidence pour personnes âgées située à Paris12,17.

Style musicalmodifier | modifier le code

Selon Maurice Béjart, Yvette Horner « est à cheval entre le savant et le populaire »4. Durant sa carrière, elle aborde de nombreux styles musicaux, ce qui l'amène à collaborer avec le pianiste classique Samson François, le trompettiste de jazz Jac Berrocal12, ou encore l'harmoniciste américain Charlie McCoy avec lequel elle enregistre à Nashville un album d'inspiration country13. En 1990, elle sort même un single d'inspiration eurodance, Play Yvette, qu'elle joue avec le DJ Andy Shafte.

Hommagesmodifier | modifier le code

Yvette Horner est citoyenne d'honneur des villes de Tarbes10 et de Nogent-sur-Marne22. La promenade de l'île de beauté / Yvette Horner, située le long de la Marne et faisant partie d'un circuit de grande randonnée, porte son nom depuis 200723. Le foyer du théâtre des Nouveautés de Tarbes, réplique de celui de l'Opéra Garnier, est baptisé en son honneur24.

En 2008, le spectacle musical La Madone des dancings, les mille vies d’Yvette Horner, adapté par Eudes Labrusse et mis en scène par Dominique Verrier, est présenté en Avignon dans le cadre du festival « off ». Il s'inspire de la série radiophonique Les Grandes Histoires d'Yvette, produite par Sylvie Gasteau et diffusée en 2005 par France Culture. Le rôle d'Yvette Horner est interprété par l'actrice Antoinette Moya25.

Distinctionsmodifier | modifier le code

Décorationsmodifier | modifier le code

Yvette Horner reçoit la cravate de commandeur de l'ordre national du Mérite9 le , remise par la ministre de la Culture et de la Communication Catherine Tasca.

Elle est promue commandeur de la Légion d'honneur le sur le portefeuille du ministère de la Culture et de la Communication, décorée le par le président de la République Nicolas Sarkozy.

Prixmodifier | modifier le code

  • Coupe du monde de l'accordéon (1948)
  • Grand prix de l'Académie Charles-Cros (1950)
  • Grand prix international d'accordéon de Paris (1953)29

Discographiemodifier | modifier le code

Albumsmodifier | modifier le code

Autobiographiemodifier | modifier le code

Référencesmodifier | modifier le code

  1. « L'accordéoniste Yvette Horner est morte », sur leprogres.fr, .
  2. « La danse du sabre (A. Khachaturian) Yvette Horner et son ensemble », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 8 février 2018).
  3. Fiche d'Yvette Horner sur date-naissance.info.
  4. a, b, c, d, e, f et g Véronique Mortaigne, « Yvette Horner, la France en bandoulière », Le Monde, .
  5. « Rabastens-de-Bigorre. La tournée 2012 d'Yvette Horner », sur ladepeche.fr, (consulté le 6 mai 2018).
  6. a, b et c « Yvette Horner entame son marathon télé », Le Parisien, .
  7. Pascal Pioppi, Paroles de stars, Éditions Cheminements, , 326 p. (ISBN 978-2-914474-90-0, lire en ligne), p. 171-174.
  8. Emission Plateau Libre, « Yvette Horner », rts.ch,‎ (lire en ligne).
  9. a, b, c et d « Remise des Insignes de Commandeur de l'Ordre national du Mérite à Yvette Horner », Ministère de la Culture, .
  10. a et b « Yvette Horner, la nouvelle citoyenne d'honneur », La Dépêche du Midi, .
  11. Jean Berthelot de La Glétais, Bernie Stico, « Le Tour de France, une passion française », France-Soir, .
  12. a, b, c, d et e Elisabeth Bouvet, « Yvette Horner, label populaire », Radio France internationale, .
  13. a, b, c, d et e Christelle Granja, « Pourquoi Yvette Horner est toujours dans le coup », L'Express, .
  14. Emission Cadences, « Yvette Horner joue avec Maurice Béjart », rts.ch,‎ (lire en ligne).
  15. « L’accordéon continue de faire danser les nostalgiques », France-Soir, .
  16. Jean-Michel Le Blanc, « Il est hors norme avec Yvette Horner », Sud Ouest, .
  17. a, b et c Thierry Dague, « Infatigable Yvette Horner ! », La Parisienne, .
  18. « Yvette Horner, légende de l'accordéon, est morte », sur lci.fr, (consulté le 12 juin 2018).
  19. a et b « Spécial Tarbes : Les personnages », Le Point, .
  20. Hélène Dubarry, « Yvette Horner : "Tarbes c'est mieux que tout" », La Dépêche du Midi, .
  21. « L'accordéoniste Yvette Horner est morte », sur francetvinfo.fr, .
  22. a et b « Yvette Horner a vendu sa maison de Nogent », Le Parisien, .
  23. Julie Blanchon, « Nogent, Joinville, Bry, Champigny, la douceur de vivre sur les bords de Marne », Le Figaro, .
  24. « Théâtre des Nouveautés de Tarbes », Evene.
  25. Agnès Santi, « La madone des dancings », La Terrasse, .
  26. Décret du portant promotion dans l'ordre national de la Légion d'honneur.
  27. Décret du portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur.
  28. Décret du portant promotion et nomination dans l'ordre national du Mérite.
  29. Décès d'Yvette Horner, 20 minutes, .

Liens externesmodifier | modifier le code